# Méthode pas à pas pour calculer la dotation aux amortissementsL’amortissement comptable représente un mécanisme indispensable pour toutes les entreprises détenant des actifs immobilisés. Cette opération comptable permet de constater la dépréciation progressive de la valeur d’un bien du fait de son utilisation, de l’usure naturelle ou de l’obsolescence technologique. Maîtriser le calcul de la dotation aux amortissements s’avère essentiel pour garantir la sincérité des comptes, optimiser la charge fiscale et disposer d’une vision réaliste du patrimoine de votre entreprise. Les règles comptables et fiscales françaises encadrent strictement ces calculs, offrant différentes méthodes selon la nature des actifs et les objectifs de gestion. Comprendre ces mécanismes vous permettra de prendre des décisions éclairées lors de vos investissements et d’anticiper leur impact sur vos résultats.## Les fondamentaux comptables de l’amortissement linéaire et dégressifL’amortissement constitue l’un des piliers de la comptabilité des immobilisations. Cette pratique comptable trouve son fondement dans le principe de prudence, qui impose de constater les dépréciations prévisibles dès qu’elles sont identifiables. Chaque bien immobilisé inscrit à l’actif du bilan perd progressivement de sa valeur, et cette perte doit être retranscrite fidèlement dans les documents comptables. Le choix de la méthode d’amortissement influence directement vos résultats comptables et fiscaux, rendant cette décision particulièrement stratégique.### La distinction entre amortissement économique et amortissement fiscal selon le Plan Comptable Général
L’amortissement économique reflète la réalité de la consommation des avantages économiques d’un actif. Il correspond à la dépréciation effective du bien selon son utilisation réelle dans votre entreprise. Le Plan Comptable Général impose cette approche pour présenter une image fidèle du patrimoine. À l’inverse, l’amortissement fiscal obéit aux règles édictées par l’administration fiscale, qui peuvent différer de la réalité économique pour des raisons d’incitation à l’investissement ou de simplification administrative.
Cette dualité crée parfois des divergences entre le bilan comptable et le bilan fiscal. Lorsque l’amortissement fiscal excède l’amortissement économique, vous devez constater la différence en amortissements dérogatoires, inscrits dans les provisions réglementées au passif du bilan. Cette pratique garantit la conformité comptable tout en bénéficiant des avantages fiscaux offerts par les dispositifs dérogatoires.
L’amortissement économique traduit la réalité de votre exploitation tandis que l’amortissement fiscal optimise votre charge d’impôt, deux objectifs qui nécessitent parfois des retraitements comptables spécifiques.
### Les critères de choix entre le mode linéaire et le mode dégressif pour vos immobilisations
Le mode linéaire répartit uniformément la valeur du bien sur toute sa durée d’utilisation. Cette méthode s’applique par défaut à toutes les immobilisations et reste la plus simple à mettre en œuvre. Vous calculez un taux constant en divisant 100 par le nombre d’années d’utilisation prévue, puis appliquez ce taux chaque année à la valeur d’origine du bien.
Le mode dégressif, réservé aux biens neufs acquis depuis le 1er janvier 2001, permet d’amortir plus rapidement en début de période. Cette méthode s’avère particulièrement pertinente pour les équipements soumis à une obsolescence rapide, comme le matériel informatique ou industriel. L’administration fiscale encadre strictement les conditions d’application : le bien doit être neuf, avoir une durée d’amort
issement comptable au moins égal à 3 ans et appartenir à une catégorie précise (matériel industriel, matériel de bureau, matériel de transport – hors véhicules de tourisme, etc.). Le choix entre amortissement linéaire et dégressif doit donc se faire en tenant compte à la fois du rythme réel de consommation de l’actif et de votre stratégie d’optimisation fiscale.
La valeur d’origine et la valeur nette comptable dans le calcul de la base amortissable
Pour calculer une dotation aux amortissements, tout part de la valeur d’origine du bien, encore appelée valeur brute. Il s’agit du coût d’acquisition ou de production de l’immobilisation, comprenant le prix d’achat hors TVA récupérable, les frais accessoires nécessaires à la mise en service (transport, installation, droits de douane, honoraires de mise en route, etc.), déduction faite des remises et rabais obtenus. Cette valeur brute constitue la base de départ de votre plan d’amortissement.
Au fil des exercices, les dotations viennent diminuer la valeur du bien pour faire apparaître sa valeur nette comptable (VNC). La VNC se calcule simplement : VNC = valeur d’origine – amortissements cumulés. En mode linéaire, vous appliquez chaque année le même montant d’amortissement à la valeur d’origine. En mode dégressif, vous appliquez chaque année un taux sur la VNC de début d’exercice, ce qui explique des dotations décroissantes dans le temps. La bonne maîtrise de ces deux notions – valeur d’origine et VNC – est indispensable pour fiabiliser vos calculs de dotation aux amortissements.
On peut comparer la valeur nette comptable au « kilométrage restant » d’un véhicule : plus les amortissements progressent, plus la VNC se rapproche de zéro, signe que le bien a été consommé économiquement.
Le traitement spécifique des composants selon l’approche par composants du règlement CRC 2002-10
Le règlement CRC 2002-10 a introduit en France l’approche par composants pour certaines immobilisations, notamment les immeubles et les matériels complexes. Concrètement, lorsqu’un actif est composé de parties significatives ayant des durées d’utilité différentes (toiture, chaudière, ascenseur dans un bâtiment, par exemple), vous devez l’éclater en plusieurs composants comptables. Chaque composant suit alors sa propre durée d’amortissement et son propre plan de dotation aux amortissements.
Cette méthode par composants permet de refléter plus fidèlement la réalité économique. Un ascenseur ne se remplace pas en même temps que la structure d’un immeuble, il est donc logique qu’il soit amorti sur une durée plus courte. En pratique, vous enregistrez chaque composant dans un sous-compte d’immobilisation distinct, avec sa valeur d’origine et sa durée d’amortissement propre. Lors du remplacement d’un composant, vous mettez au rebut l’ancien (sortie de la VNC) et activez le nouveau, en démarrant un nouveau plan d’amortissement. Cette approche par composants complexifie légèrement le suivi, mais elle sécurise vos comptes en cas de contrôle fiscal ou de revue d’audit.
La formule de calcul de la dotation aux amortissements linéaires
Le calcul du taux d’amortissement linéaire par rapport à la durée d’utilité de l’actif
En amortissement linéaire, la dotation annuelle se calcule à partir d’un taux constant déterminé selon la durée d’utilité de l’actif. La formule de base est la suivante : Taux d’amortissement = 100 / durée d’utilisation (en années). Pour un bien amorti sur 5 ans, le taux d’amortissement linéaire sera donc de 20 % par an. Ce taux s’applique à la base amortissable, généralement égale à la valeur d’origine si aucune valeur résiduelle significative n’est identifiée.
Lorsque vous estimez une valeur résiduelle (par exemple, une valeur de revente à la fin de l’utilisation), la base amortissable devient : base amortissable = valeur d’origine – valeur résiduelle. Le taux reste identique, mais les dotations sont calculées sur une base plus faible. L’enjeu, pour vous, est d’évaluer de manière réaliste la durée d’utilité : trop courte, vous augmentez artificiellement votre charge d’amortissement ; trop longue, vous risquez de conserver au bilan des valeurs supérieures à la réalité économique.
La méthode du prorata temporis pour les acquisitions en cours d’exercice
Les immobilisations ne sont pas toujours acquises au premier jour de l’exercice. Pour ces acquisitions en cours d’année, le Plan Comptable Général impose l’application du prorata temporis en amortissement linéaire. L’idée est simple : la première dotation doit être proportionnelle au temps d’utilisation du bien pendant l’exercice de sa mise en service. Vous ne pouvez pas amortir une année pleine si le bien n’a été utilisé que quelques mois.
En pratique, deux conventions sont fréquentes : le prorata au jour près (sur la base de 360 ou 365 jours, selon votre choix) et le prorata au mois (tout mois commencé est compté pour un mois entier). La formule devient alors : dotation année N = base amortissable × taux annuel × (nombre de jours/360). Les années intermédiaires sont amorties en année pleine et la dernière année absorbe le reliquat pour atteindre un amortissement total égal à la base amortissable.
L’application pratique sur un matériel informatique acquis à 15 000 euros sur 3 ans
Illustrons la méthode avec un exemple de calcul de dotation aux amortissements linéaires. Supposons qu’une entreprise acquiert le 1er avril N un matériel informatique pour 15 000 € HT, amortissable sur 3 ans, sans valeur résiduelle. La base amortissable est donc de 15 000 €. Le taux linéaire est de 100 / 3 = 33,33 %. L’exercice comptable se clôture au 31 décembre de chaque année, et l’entreprise retient un prorata temporis sur 360 jours.
Le matériel est utilisé 270 jours en année N (d’avril à décembre inclus). La dotation de la première année sera donc : 15 000 × 33,33 % × 270/360 ≈ 3 750 €. Les années N+1 et N+2 verront une dotation de 5 000 € chacune (année pleine), et un ajustement éventuel pourra intervenir en N+3 si nécessaire pour atteindre exactement 15 000 €. Le tableau simplifié d’amortissement se présente ainsi :
| Exercice | Base amortissable | Taux | Dotation annuelle | Amortissements cumulés | Valeur nette comptable |
|---|---|---|---|---|---|
| N | 15 000 € | 33,33 % | 3 750 € | 3 750 € | 11 250 € |
| N+1 | 15 000 € | 33,33 % | 5 000 € | 8 750 € | 6 250 € |
| N+2 | 15 000 € | 33,33 % | 5 000 € | 13 750 € | 1 250 € |
| N+3 (ajustement) | 15 000 € | – | 1 250 € | 15 000 € | 0 € |
Cet exemple met en évidence l’importance de vérifier, en fin de plan, que la somme des dotations linéaires correspond bien à la base amortissable. Un léger ajustement sur la dernière année est souvent nécessaire en raison des arrondis.
Les écritures comptables au journal : comptes 681 et 28 dans le plan comptable
Sur le plan comptable, la dotation aux amortissements linéaires est enregistrée à la clôture de chaque exercice. L’écriture standard est la suivante : débit du compte 6811x – Dotations aux amortissements sur immobilisations (compte de charge) et crédit du compte 28x – Amortissements des immobilisations (compte d’actif correcteur). Le sous-compte utilisé dépend de la nature de l’actif : 68112 / 2815 pour les immobilisations corporelles de type matériel, 68111 / 280 pour les immobilisations incorporelles, etc.
Reprenons notre matériel informatique de 15 000 € amorti linéairement. À la clôture de l’exercice N, l’écriture de dotation sera : débit 68112 « Dotations aux amortissements des immobilisations corporelles » pour 3 750 €, crédit 28183 « Amortissements du matériel de bureau et informatique » pour 3 750 €. Cette charge vient diminuer votre résultat comptable sans affecter la trésorerie, tandis que le compte 28 vient corriger la valeur brute de l’actif pour afficher une valeur nette réaliste au bilan.
Le calcul spécifique de l’amortissement dégressif fiscal
Les coefficients dégressifs applicables selon la durée d’amortissement : 1,25, 1,75 et 2,25
L’amortissement dégressif est un dispositif fiscal de faveur qui permet de sur-amortir certains biens en début de période. Il ne s’agit pas d’une méthode libre, mais d’un cadre strict, défini par le Code général des impôts. Le principe repose sur l’application d’un taux dégressif obtenu en multipliant le taux linéaire par un coefficient fixé en fonction de la durée d’amortissement fiscale du bien.
Les coefficients dégressifs applicables sont les suivants : 1,25 pour une durée d’amortissement comprise entre 3 et 4 ans, 1,75 pour une durée de 5 à 6 ans, et 2,25 pour une durée supérieure à 6 ans. Le taux dégressif se calcule donc par la formule taux dégressif = (100 / durée d’amortissement) × coefficient. Ce taux s’applique chaque année sur la valeur nette comptable de début d’exercice, ce qui génère des dotations élevées au départ puis décroissantes, à l’image d’une courbe en pente douce.
Le basculement automatique vers le mode linéaire en fin de période d’amortissement
Le mécanisme de l’amortissement dégressif prévoit un basculement automatique vers le mode linéaire lorsque celui-ci devient plus favorable. Concrètement, chaque année, vous comparez la dotation calculée en dégressif (taux dégressif × VNC) avec celle qui résulterait d’un amortissement linéaire sur la durée restante (VNC / nombre d’années restant à courir). Dès que la dotation linéaire devient supérieure à la dotation dégressive, vous devez abandonner le dégressif et poursuivre en linéaire sur la durée résiduelle.
Ce mécanisme de bascule garantit que la base amortissable sera entièrement consommée à la fin de la durée d’amortissement prévue. Il évite de laisser, par exemple, un reliquat non amorti au bilan. En pratique, la plupart des logiciels de gestion des immobilisations gèrent automatiquement ce basculement, mais il reste essentiel que vous en compreniez la logique pour contrôler vos tableaux d’amortissement et répondre sereinement en cas de contrôle.
On peut voir l’amortissement dégressif comme un « démarrage en côte » : vous mettez plus de puissance (de charge déductible) au début, puis vous revenez à un rythme plus régulier grâce au linéaire lorsque la pente s’adoucit.
Exemple chiffré sur un véhicule utilitaire de 30 000 euros amorti sur 5 ans
Imaginons un véhicule utilitaire acquis neuf le 10 janvier N pour 30 000 € HT, amortissable fiscalement sur 5 ans, éligible au dégressif. L’exercice se clôture au 31 décembre. Le taux linéaire est de 20 % (100 / 5). Comme la durée est de 5 ans, le coefficient applicable est de 1,75, soit un taux dégressif de 20 % × 1,75 = 35 %. Fiscalement, en dégressif, la dotation est calculée dès le 1er jour du mois d’acquisition, soit le 1er janvier N dans notre exemple.
Le plan simplifié d’amortissement dégressif sera le suivant (en supposant un basculement en N+3) :
| Exercice | Base de calcul | Mode | Taux | Dotation | Amortissements cumulés | VNC fin d’exercice |
|---|---|---|---|---|---|---|
| N | 30 000 € | Dégressif | 35 % | 10 500 € | 10 500 € | 19 500 € |
| N+1 | 19 500 € | Dégressif | 35 % | 6 825 € | 17 325 € | 12 675 € |
| N+2 | 12 675 € | Dégressif | 35 % | 4 436 € | 21 761 € | 8 239 € |
| N+3 | 8 239 € | Linéaire (2 ans restants) | – | 4 120 € | 25 881 € | 4 119 € |
| N+4 | 4 119 € | Linéaire (1 an restant) | – | 4 119 € | 30 000 € | 0 € |
Dans la pratique, vous devrez comparer à chaque clôture l’annuité dégressive et l’annuité linéaire sur la durée restante. Dès que cette dernière est plus élevée, vous basculez définitivement en linéaire. Si vos amortissements économiques restent linéaires, la différence entre amortissements comptables et fiscaux sera traitée en amortissements dérogatoires.
Les cas particuliers et régimes dérogatoires d’amortissement
L’amortissement exceptionnel sur 12 mois pour les logiciels et brevets
Certains actifs bénéficient de régimes d’amortissement exceptionnel, permettant une déduction accélérée sur une durée très courte. C’est notamment le cas, sous conditions, des logiciels ou de certains brevets. Fiscalement, il est possible, dans certains dispositifs, d’amortir un logiciel sur 12 mois, alors que la durée d’utilisation économique pourra être plus longue (3 ans, par exemple). Cette accélération de la dotation aux amortissements permet de réduire fortement le résultat imposable de la première année.
Comptablement, vous restez néanmoins tenu de respecter le principe de l’amortissement économique : si la durée d’utilisation réelle est de 3 ans, votre plan d’amortissement linéaire sera établi sur 3 ans. La fraction d’amortissement fiscalement déductible au-delà de l’amortissement économique donnera lieu à la constatation d’un amortissement dérogatoire (compte 145 / 68725). Ce type de montage requiert une bonne coordination avec votre expert-comptable pour éviter tout décalage injustifié entre comptabilité et fiscalité.
Le traitement des frais d’établissement et des actifs de faible valeur inférieure à 500 euros
Les frais d’établissement (frais de constitution, frais d’augmentation de capital, frais liés à une émission d’emprunt, etc.) peuvent, en principe, être passés en charges dès l’exercice où ils sont engagés. Le PCG permet toutefois, sous certaines conditions, de les immobiliser et de les amortir, généralement sur une durée maximale de 5 ans. Dans les faits, de nombreuses petites entreprises optent pour la comptabilisation en charges immédiates pour simplifier leur gestion et éviter de suivre un plan d’amortissement spécifique sur ces montants.
Pour les actifs de faible valeur, l’administration fiscale admet une tolérance bien connue : les biens dont la valeur unitaire n’excède pas 500 € HT peuvent être comptabilisés directement en charges, sans passer par l’immobilisation et l’amortissement. Vous évitez ainsi de suivre des dizaines de plans d’amortissement pour du petit matériel (outillage léger, smartphones d’entrée de gamme, petits équipements de bureau). Attention toutefois : cette tolérance est fiscale, mais elle est largement admise en comptabilité pour des raisons de simplification, à condition d’être appliquée de manière constante et cohérente.
Les amortissements dérogatoires et leur comptabilisation en provisions réglementées
Les amortissements dérogatoires sont la traduction comptable des écarts entre amortissements fiscaux et amortissements économiques. Lorsque la législation fiscale vous autorise à amortir plus vite que ce que justifie la durée d’utilisation réelle (amortissement dégressif, amortissement exceptionnel, etc.), la fraction excédentaire doit être isolée dans un compte spécifique : le compte 145 – Amortissements dérogatoires, classé parmi les provisions réglementées au passif du bilan.
Concrètement, vous comptabilisez, en plus de l’amortissement économique (débit 6811 / crédit 28), une dotation dérogatoire (débit 68725 – Dotations aux amortissements dérogatoires / crédit 145). Cette écriture augmente vos charges comptables et diminue votre résultat, tout en constituant une réserve fiscale à caractère réglementé. Lorsque, dans les années ultérieures, l’amortissement économique rattrape l’amortissement fiscal, vous procédez à des reprises sur amortissements dérogatoires (débit 145 / crédit 78725), ce qui augmente le résultat de ces exercices. Bien gérés, ces mécanismes vous permettent de lisser votre charge fiscale dans le temps.
Les outils numériques pour automatiser le calcul des dotations
Les fonctionnalités d’sage comptabilité et cegid pour le tableau d’amortissement
La plupart des erreurs de dotation aux amortissements proviennent de calculs manuels mal paramétrés ou de suivis sur tableur qui se compliquent au fil des années. Les logiciels de comptabilité comme Sage Comptabilité ou Cegid intègrent des modules dédiés à la gestion des immobilisations, capables de générer automatiquement vos tableaux d’amortissement. Vous saisissez les données de base (valeur d’origine, date de mise en service, durée, mode linéaire ou dégressif, valeur résiduelle éventuelle) et le logiciel calcule pour vous les dotations de chaque exercice.
Ces outils vous permettent également d’éditer des plans d’amortissement détaillés, de simuler des changements de durée ou de mode, et de suivre les mises au rebut ou cessions. En cas de contrôle fiscal, disposer d’un tableau d’amortissement clair, issu d’un logiciel reconnu, renforce considérablement la crédibilité de vos calculs. Vous gagnez du temps et réduisez le risque d’oublier une dotation ou de ne pas basculer en temps voulu du dégressif au linéaire.
L’utilisation des fonctions excel VDB et AMORLIN pour les calculs automatisés
Si vous ne disposez pas encore d’un module d’immobilisations dédié, vous pouvez tout à fait construire un plan d’amortissement fiable sous Excel. Le tableur intègre des fonctions spécialement conçues pour le calcul de la dotation aux amortissements. La fonction AMORLIN permet de calculer une annuité d’amortissement linéaire en tenant compte d’une date de début, d’une base et d’une durée. La fonction VDB (Variable Declining Balance) calcule quant à elle les dotations selon un mode dégressif, avec possibilité de préciser le facteur de dégressivité et les périodes de début et de fin.
En combinant ces fonctions avec un tableau bien structuré (colonnes pour la base, les dates, le taux, la dotation, les amortissements cumulés et la VNC), vous pouvez reproduire très fidèlement le comportement d’un logiciel de gestion des immobilisations. L’avantage d’Excel est sa flexibilité : vous pouvez tester plusieurs durées d’amortissement, comparer linéaire et dégressif, ou encore simuler l’impact d’un amortissement exceptionnel sur votre résultat. La contrepartie, bien sûr, est la nécessité d’une rigueur absolue dans la conception du fichier pour éviter les erreurs de formules.
La génération du plan d’amortissement dans QuickBooks et EBP compta
Des solutions de comptabilité en ligne comme QuickBooks, ou des logiciels plus « traditionnels » comme EBP Compta, proposent également des fonctionnalités de gestion des immobilisations. L’objectif est le même : centraliser la saisie des acquisitions, paramétrer les durées et modes d’amortissement, et laisser le logiciel calculer automatiquement les dotations annuelles à passer en comptabilité. Vous pouvez généralement générer un plan d’amortissement détaillé par immobilisation, avec projection sur plusieurs exercices.
Ces outils sont particulièrement adaptés aux TPE et PME qui souhaitent sécuriser leurs calculs sans investir dans un progiciel lourd. Ils offrent souvent des tableaux de bord visuels permettant de suivre en un coup d’œil la valeur nette comptable de votre parc d’immobilisations, les dotations de l’exercice ou les mises au rebut à anticiper. Pour vous, dirigeant ou responsable administratif, c’est un moyen simple de garder la main sur vos investissements tout en limitant les risques d’erreur dans la comptabilisation des dotations aux amortissements.
Le contrôle fiscal et la documentation des calculs d’amortissement
La constitution du dossier justificatif pour l’administration fiscale lors d’un contrôle
En cas de contrôle fiscal, les inspecteurs examinent systématiquement les immobilisations et les amortissements, car ces postes ont un impact direct sur le résultat imposable. Pour être prêt, il est indispensable de constituer un dossier justificatif solide. Celui-ci doit contenir, pour chaque immobilisation significative, la facture d’achat, le contrat éventuel (bail, contrat de crédit-bail, etc.), le descriptif du bien, la date de mise en service, la durée et le mode d’amortissement retenus, ainsi que le plan d’amortissement détaillé.
Vous pouvez y joindre, le cas échéant, les références aux textes fiscaux ou comptables justifiant un régime particulier (amortissement dégressif, exceptionnel, tolérance pour les petits équipements, etc.). L’idée est de permettre à l’administration de reconstituer facilement votre logique de calcul de la dotation aux amortissements. Plus votre dossier est clair et structuré, moins vous risquez de contestation ou de remise en cause de vos choix lors du contrôle.
Les retraitements extracomptables sur la liasse fiscale 2033 et 2050 à 2059
Lorsque vos amortissements comptables diffèrent des amortissements fiscalement admis (par exemple en cas de durée différente ou de recours à l’amortissement dérogatoire), des retraitements extracomptables sont nécessaires dans la liasse fiscale. Sur les formulaires 2050 à 2059 (régime réel normal) ou 2033 (régime simplifié), vous devez indiquer, dans les tableaux dédiés, les montants d’amortissements non déductibles ou les compléments d’amortissements admis fiscalement mais non comptabilisés.
Concrètement, si l’amortissement comptable est supérieur à l’amortissement fiscal, la différence doit être réintégrée dans le résultat fiscal (ligne de réintégration). À l’inverse, si l’amortissement fiscal est supérieur à l’amortissement comptable, vous pratiquez une déduction extra-comptable ou passez par les amortissements dérogatoires. Ces retraitements assurent la cohérence entre vos comptes annuels et votre résultat fiscal déclaré. Ils constituent un point de vigilance majeur lors de l’élaboration de votre liasse, surtout si vous gérez plusieurs modes d’amortissement ou des régimes exceptionnels.
Les redressements fiscaux fréquents liés aux erreurs de durée ou de méthode
Les erreurs en matière de dotation aux amortissements sont l’une des sources les plus courantes de redressements fiscaux. Les inspecteurs relèvent souvent des durées d’amortissement trop courtes par rapport aux usages, des biens amortis en dégressif alors qu’ils ne sont pas éligibles (véhicules de tourisme, biens d’occasion), ou encore des changements injustifiés de mode d’amortissement en cours de plan sans recalcul préalable. Ces écarts peuvent conduire l’administration à refuser une partie des amortissements déduits, avec, à la clé, rappel d’impôt, intérêts de retard et pénalités.
Pour sécuriser vos calculs, veillez à documenter vos choix de durées (références fiscales, usages de la profession, politiques internes) et de méthodes (linéaire ou dégressif). Assurez-vous également que vos logiciels sont correctement paramétrés et que les bascules linéaire/dégressif sont maîtrisées. Enfin, n’oubliez pas que l’amortissement est un domaine où la cohérence dans le temps est primordiale : une fois une méthode et une durée retenues pour un bien, elles ne doivent plus être modifiées sans motif sérieux et sans retraitement rigoureux. En suivant ces bonnes pratiques, vous réduirez fortement le risque de rectification lors d’un futur contrôle.